“Renata n’importe quoi” de Catherine Guérard (Le Chemin de Fer, 2021)
Fin 2021, le second ouvrage de Catherine Guérard, tout d'abord sorti chez Gallimard, se voit réédité chez Le Chemin de Fer dans un très bel écrin. Il y est question d'une femme de ménage qui décide du jour au lendemain de quitter ses patrons, afin de se libérer de toutes les chaînes qui pourraient entraver son existence.
Entre Martha Krüll ("La Somonolence" de Jean-Pierre Martinet) et la langue de "Ida" (Helene Bessette), l'héroïne de "Renata n'importe quoi “erre, la liberté en bandoulière, remettant constamment en cause son statut d'esclave. Tout peut se mettre sur sa route, un rien l'interdirait d'être libre et fière. C'est bien cela le mal qui touche ses semblables : obligés de porter certains habits, assujettis à la vie trépidante de la capitale, forcés par des règles absurdes de se censurer dans leurs relations sociales, et surtout condamnés à travailler pour autrui, dédier de leur précieux temps à d'autres, s'oubliant donc.
Et un long monologue de se dérouler sous nos yeux en un seul souffle d'une lisibilité extrême (grâce à de salvatrices majuscules et une ponctuation très présente), tranchant dans le vif des certitudes de ses contemporains, faisant fi des attentes et dès qu'en-dira-t-on. Celle qui se fait appeler Renata, ou encore Adèle, marche, qu'il vente ou qu'il pleuve, convoite des aires de calme où elle pourra être libre, qui elle veut, au rythme qu'elle veut, sans jamais rien ni quiconque qui pourrait lui dicter son existence.